Les années passent et je réalise le fossé qui existe entre ma foi chrétienne et les mœurs du pays dans lequel je grandis. Le plus grand clivage ? Sûrement le scepticisme très « français », depuis plusieurs siècles déjà.


J’ai conscience que certaines subversions du Christianisme ont pu mener à une méfiance vis à vis de la foi chrétienne mais j’ai également la conviction qu’une méconnaissance profonde et qu’une pseudo-compréhension superficielle de la Bible se développent chez les athées, agnostiques, théistes, autres croyants et parfois chez les chrétiens eux-mêmes.

L’heure est au scepticisme

L’heure est au scepticisme. C’est une évidence. En regardant seulement mon école et ma classe, je constate que je suis l’un des seuls à ne pas faire partie de cette génération Z sceptique. L’auteur Paul Scherrer résume notre situation actuelle ainsi :

«Après avoir cru trop de choses en lesquelles il n’était pas nécessaire de croire, les hommes sont arrivés à croire en si peu de choses que pour des milliers et des milliers d’individus, l’existence humaine et le monde n’ont plus de sens. […] Le néant est devenu un sujet de conversation, le nihilisme un principe, la frustration et le désespoir des thèmes pour romancier et dramaturges…»

Le philosophe Ravi Zacharias complète :

«Malgré les efforts divers et obstinés des penseurs athées pour miner le spirituel et le repousser dans le domaine de l’irrationnel, ou le considérer comme une affaire privée, la soif du transcendant reste inassouvie.»

Face à ce constat, j’aimerais dans cet article voir avec toi, certaines origines du scepticisme et  faire une petite esquisse de comment il se manifeste dans notre contexte français.

Notre société actuelle ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui, sans ses racines judéo-chrétiennes

Un type de propos venant d’un sceptique auquel je suis souvent confronté se transcrirait ainsi : « Je suis athée mais je crois dans une morale éthique dénuée de toutes empreintes religieuse. »

Autrement dit, ce type de propos reflète une volonté de trouver les réponses en notre nature humaine seule méprisant ainsi toutes formes d’éthique ou de morale religieuses. Pourtant, je crois que ce genre de discours témoigne d’une méconnaissance flagrante. Ce qui est assez drôle c’est que nous pensons que la construction de notre société actuelle n’est le fruit que de la bien pensance de certains philosophes, entre autres, ceux des Lumières.
Nous négligeons de prendre en compte ce que le judaïsme et ensuite le christianisme ont apporté, à savoir le bouleversement du monde pendant des centaines d’années.

L’écrivain Timothy Keller dit les choses ainsi :

«Les enseignements du christianisme ont révolutionné l’Europe païenne en insistant sur la dignité de la personne, la primauté de l’amour – y compris à l’égard des ennemis – et la sollicitude envers les pauvres et les orphelins.»

Luc Ferry, un philosophe (non-chrétien, soit dit en passant) continu :

«Sans cette valorisation typiquement chrétienne de la personne humaine, de l’individu comme tel, jamais la philosophie des droits de l’homme à laquelle nous sommes si attachés aujourd’hui n’aurait vu le jour.»

Il est intéressant je trouve de voir comment le christianisme a permis l’élaboration des droits de l’homme et comment ceux-ci ont permis la possibilité de témoigner d’un scepticisme à l’égard des diverses formes de croyances.

Nous voyons donc comment le christianisme est d’une certaine manière indirectement responsable du scepticisme dont témoigne bon nombre de français.

Le scepticisme n’est pas né de la dernière pluie

Je suis également assez amusé de voir comment certaines de mes connaissance se considèrent pionnières en me faisant part de leur scepticisme vis-à-vis de mes croyances.

En réalité, en lisant la Bible nous voyons comment de nombreuses connaissances de Jésus témoignaient d’un scepticisme semblable à l’égard de sa personne et de son enseignement. Mais le plus intéressant, tu sais ce que c’est ? C’est que ces personnes sont devenues les plus grands piliers de la foi chrétienne.

Nathanaël et ses échanges avec le Christ lui-même sont très intéressants. Nous observons comment, en raison de son origine géographique, Nathanaël avait du mépris à l’égard de Jésus. A la suite de sa rencontre avec lui, Philippe fait part de son enthousiasme à Nathanaël. Seulement ce dernier rétorque sèchement « Peut-il sortir quelque chose de bon de Nazareth ? ». En effet, tous les habitants de Jérusalem regardaient de haut les Galiléens. Mais, en rencontrant personnellement Jésus, Nathanaël est surprit par son habilité à connaitre des éléments précis de sa vie. Il déclare : « Maître, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d’Israël. »

A l’image de Nathanaël, nous avons parfois un certain snobisme à l’égard de la foi chrétienne. Nous pensons être trop bons et trop intellectuels pour tomber dans une “foi de faibles”.

Pourtant et de manière surprenante, le quelconque signe miraculeux ou surnaturel nous convainc très rapidement. Mais Jésus est bien plus et il est capable de bien plus qu’un quelconque devin ou magicien.

Thomas, le sceptique, suit cette lignée comme son surnom l’indique. A la suite de la résurrection du Christ, il ne parvient pas à croire les paroles des autres disciples :

«Thomas leur dit : Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai point.

Huit jours après, les disciples de Jésus étaient de nouveau dans la maison, et Thomas se trouvait avec eux. Puis il dit à Thomas : Avance ici ton doigt, et regarde mes mains ; avance aussi ta main, et mets-la dans mon côté ; et ne sois pas incrédule, mais crois. Thomas lui répondit : Mon Seigneur et mon Dieu ! Jésus lui dit : Parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru !»

(Évangile de Jean, 20:26-29)

Je trouve ce passage très intéressant.

Nous voyons comment Jésus ne méprise pas les sceptiques. Il est prêt à leur donner des preuves visuelles et tangibles confirmant son existence et sa victoire sur la mort.

Mais il nuance en disant qu’il y a une qualité remarquable chez ceux qui arrivent à croire malgré l’absence de signes visibles.

Enfin, Saul de tarse ou Paul, un intellectuel juif et citoyen romain me semble être l’exemple le plus flagrant de comment Dieu utilise ses détracteurs, ses sceptiques pour faire d’eux ses disciples.

«Quand Saul était en chemin et qu’il approchait de Damas, tout à coup, une lumière qui venait du ciel resplendit autour de lui. Il tomba par terre et entendit une voix lui dire : Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? Il répondit : Qui es-tu, Seigneur ? Et le Seigneur dit : Moi, je suis Jésus, celui que tu persécutes.»

(Actes des apôtres, 9:3-5)

Le reste n’est qu’histoire, Paul est tout simplement passé du statut de persécuteur de chrétiens au statut d’écrivain de la moitié du Nouveau Testament. Le scepticisme remonte au moins à la vie de Jésus. Mais Jésus a su se rendre accessible à tous et Il peut encore le faire aujourd’hui. Il peut changer le coeur de quiconque, vraiment.

Pour conclure…

Cet article n’a pas pour but de persuader mes lecteurs les plus sceptiques. Il serait d’ailleurs  prétentieux de souhaiter le faire en quelques centaines de caractères. De plus, il faut saisir que même si la foi se comprend intellectuellement, elle doit toujours aussi s’accompagner d’une rencontre et d’une expérience personnelle et authentique avec le Christ pour en être persuadé.

Nous pouvons cependant retenir que Dieu transforme le cœur des plus sceptiques et qu’il utilise les différentes formes de connaissance pour affirmer de manière claire et précise son existence certaine et le témoignage de son amour à travers son Fils, Jésus.

Peut-être que tu as du mal à croire mes mots mais je crois que Dieu répond aux prières de ceux qui le cherchent réellement, même celle des plus sceptiques.

«Demandez, et vous recevrez; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira. Car celui qui demande reçoit ; celui qui cherche trouve, et l’on ouvre à celui qui frappe.»

(Évangile de Matthieu, 7:7)

Nous pouvons prier si tu le souhaites cette prière ensemble :

Dieu, tu connais mon cœur endurci et septique. Si tu existes vraiment, je te demande de transformer mon cœur et ma personne afin de me rendre plus sensible aux preuves de ton existence et de ton amour pour moi que tu as manifesté à travers la personne de Jésus. Je souhaite te connaître pleinement avec mon intelligence et t’expérimenter pleinement avec mon âme. Amen.

Sois béni !