Avec certains de mes amis, nous avons pris pour coutume de développer la conviction qu’une sorte de “syndrome” nous frapperait nous, les enfants de pasteurs, nous empêchant alors de lire le livre de nos parents en raison d’un frein, d’un gène quelque peu abstrait.

Il y a quelques semaines, j’ai décidé de contredire cette idéologie, peu fondée je vous le concède et j’ai ouvert le livre “Intimacy : La Vallée de la Bénédiction” de ma maman : Catherine Gotte Avdjian. Je ne te cache pas que ce livre commençait à prendre gravement la poussière dans ma bibliothèque déjà bien remplie.

En feuilletant les premières pages, je me suis rapidement immergé dans la vie d’une adolescente bouleversée par le divorce de ses parents, de sa rencontre avec Dieu, seule,  dans sa salle de bain, de ses années passées sur les bancs de la faculté de théologie et puis celle de sa rencontre avec celui qui deviendra plus tard son mari, mon papa. J’ai découvert leurs débuts en tant “qu’apprentis-pasteurs”, leurs rêves, leur vision, leurs aventures américaines accompagnées de 5 gosses en bas-âges (je n’étais pas encore de ce monde 🙂 ) sans un sous en poche mais aussi  leurs premiers échecs.

A travers ces souvenirs, j’ai voyagé des dizaines d’années dans le passé ainsi qu’aux quatres coins de la planète et j’ai ouvert les yeux sur mes origines, mon histoire familiale et celle du ministère de mes parents.

J’ai pleuré, j’ai ri et j’ai prié. J’ai compris comment Dieu les avaient conduits dans cette “Vallée de la bénédiction” pas à pas, jour après jour, épreuve après épreuve et comment Il a pourvu fidèlement en apportant la “manne” quotidienne d’années en années.

Ce que je retiens, c’est cette faiblesse, cette vulnérabilité, cette authenticité qui font de nous des humains, celles que nous ressentons dans des temps de deuil, de maladie, d’insécurité, de pauvreté, d’épreuve, de division et de détresse.

Mais ce que je retiens avant tout, c’est cette fidélité qui perdure d’âge en âge : celle d’un couple ordinaire passionné et dévoué à l’égard d’un Dieu extraordinaire mais également celle d’un Père qui prend plaisir dans la confiance que lui témoignent ses enfants. Je retiens comment Dieu transforme la “Vallée de l’ombre de la mort” en “Vallée de la Bénédiction”, comment Il utilise les “poubelles” de ce monde pour accomplir Sa Gloire.

Dans un monde et une société qui prônent le confort et la sécurité, ce recueil va tout simplement dans la direction opposée. Finie l’apologie d’un rêve éveillé sans soucis, finie la suffisance de sa propre vie, finie la faim d’extraordinaire quand le bonheur peut tout simplement se révéler dans l’ordinaire.

N’est-ce pas finalement ça le bonheur ? Aimer Dieu, servir son prochain et  apprécier chaque jour, voir chaque respiration comme un cadeau et cela malgré les temps de découragements , de conflits et de souffrances ?

Merci Maman de m’avoir fait comprendre que je n’avais plus à attendre indéfiniment une vie parfaite pour commencer à la savourer à pleines dents. Comme tu le dirais si bien : “Chienne de vie, je t’aime d’un amour fou.”

Merci d’exister Maman !

PS : Je souhaite honorer ma maman pour son travail et ses talents d’écrivaine. J’ai également la conviction que ces 365 méditations quotidiennes peuvent t’édifier et t’encourager comme j’ai pu l’être. Si tu le souhaites, tu peux te procurer ce livre sur Amazon.

Sois béni !