Il y a près de 50 ans, notre pays et tout le monde occidental ont connu une libération des mœurs concernant la sexualité suite au recul progressif de la religion. On parle de « libération sexuelle ». C’est dans ce contexte et dans celui de l’explosion des médias et particulièrement d’internet que la pornographie est devenue omniprésente et accessible à chacun.


Le but de cet article n’est nullement de vous expliquer pourquoi je pense que la pornographie est nocive ou moralement condamnable. Je pense qu’au fond, tout le monde le sait. Si celui ou celle qui en consomme est bien souvent aveuglé par le plaisir que ces images lui procurent à l’instant T, psychologues, toxicologues et sexologues ne manquent pas de remarquer le caractère addictif de ces contenus. Féministes et activistes ont dénoncé l’image dégradante de la femme qu’elle communique.

À l’heure du « #balancetonporc » qui dévoile au grand jour la recrudescence des agressions sexuelles, réalisons-nous que le problème n’est nul autre qu’une sexualité présentée comme pulsionnelle, à l’image d’une culture consumériste et publicitaire où « ce que je veux, je le veux tout de suite et maintenant ! »

Si je ne souhaite point faire une dissertation sur la pornographie, je voudrais en revanche te partager mon vécu et mon expérience de consommateur. Je le fais, non par plaisir, mais plutôt pour aider tous mes amis qui me livrent régulièrement leurs luttes, comme les millions de jeunes et moins jeunes susceptibles de se reconnaitre dans cette bataille.


I – Fatalité

Si je ne saurais dater mon premier contact avec la pornographie, je peux dire qu’il est arrivé, comme pour la majorité, très tôt : durant mes années en primaire. Je l’ai découverte, non par un magazine ou une cassette, mais directement sur Internet.

Je fais partie de cette génération qui a grandi avec l’émergence de contenus pornographiques gratuits et accessibles librement en quelques clics, depuis son ordinateur ou son téléphone.

Peu à peu, ce qui était une découverte est devenu une habitude : ma consommation s’est intensifiée et elle s’est transformée en une pratique quotidienne au collège. Tous mes amis étaient dans le même « bateau » et nous en parlions de manière décomplexée. Seulement, ce n’était pas le cas dans ma famille, opposée à ce que je sois confronté à de telles images. Cela a créé en moi une profonde culpabilité qui a grandi quand j’ai réalisé que je n’arrivais plus à me défaire de cette routine. Je me rappelle avoir été interpellé par cette citation de l’écrivain allemand Goethe :

« Nul n’est plus captif que celui qui se croit faussement libre. »

En voulant m’affranchir d’une bienséance familiale, j’étais devenu captif d’un phénomène sociétal. En consultant des forums sur internet, j’ai réalisé que je n’étais pas le seul à me débattre avec cette addiction, mais la plupart de ces internautes étaient bien plus âgés. J’ai alors essayé d’arrêter en me disant que je n’avais aucune envie de finir comme eux à 30 ou 40 ans. Mais c’était en vain, je n’arrivais pas à tenir plus de quelques jours. En rentrant au lycée, j’ai voulu marquer une nouvelle phase dans ma vie et j’ai voulu arrêter, définitivement cette fois. J’ai alors élaboré des stratagèmes et des techniques piochés sur internet : faire du sport, mettre des logiciels de protections parentales, compter mes jours de « sobriété »… Cela a marché un temps, mais 3 mois après, rechute.

Mes espoirs effondrés, je me suis résigné en me disant que je devais m’accepter « tel que j’étais » et que cette dépendance était une fatalité. Je ne savais pas encore que là n’était nullement ma véritable identité.


II – Liberté

Trois ans après, en première année de DUT, j’ai vécu une crise existentielle que j’ai racontée à plusieurs reprises sur ce blog. Alors que j’entamais une démarche de foi, je suis allé à « Encounter », un événement chrétien pour jeunes organisé par l’église Hillsong Paris. A la fin d’une de ses prédications, l’orateur américain Chris Durso a fait un appel à prier « pour tous ceux qui étaient liés à la pornographie ».

Si ma fierté était grande, mon envie d’un profond changement dans ma vie l’était davantage.

J’ai alors levé ma main parmi la foule. C’était humiliant pour moi, d’autant plus que ma petite-amie de l’époque était à mes côtés. Je découvrirai plus tard que pour Quelqu’un, cette main levée n’était pas passée inaperçue. Cet événement a touché à sa fin et j’ai repris mon quotidien, y compris mes mauvaises habitudes. Seulement, quelque chose de nouveau grandissait en moi, un changement était en chemin.

Lors d’une autre rencontre chrétienne, à l’occasion de la Pentecôte, à Limoges, une expérience marquante a eu lieu dans ma vie que les mots ne pourraient décrire. J’ai rencontré pour la première fois le Dieu que je pensais tant connaitre depuis mon enfance. Il y avait en moi « un Esprit nouveau ». À l’issu de ce week-end, c’est transformé que je me suis rendu à Paris, pour débuter mon stage de fin d’année. Durant ma première semaine à la capitale française, j’ai rechuté une dernière fois avant de décider de tout entreprendre pour me débarrasser de la pornographie, définitivement. Je me suis alors dirigé vers un programme en ligne « Être libéré de la pornographie » proposé gratuitement par le site TopFormations. Malgré mes aprioris et mon scepticisme, je l’ai suivie avec sérieux et régularité. Elle m’a poussé, entre autres, à parler à un proche de mon addiction, chose que je refusais de faire avant. Ce fut mon frère Aimé.

Depuis le jour où j’ai commencé cette formation, je n’ai plus consulté de sites pornographiques. Cela fera deux ans en mai 2018.


III – Identité

Même si j’aimerais te dire qu’il est possible de parvenir à se défaire de la pornographie par soi-même, à travers des techniques purement humaines, sans démarche de foi particulière, cela ne fut pas mon cas. Est-ce pour autant possible ?

La porno-dépendance d’aujourd’hui, d’une extrême complexité, nécessite, à mes yeux, une solution à sa mesure.

Si la formation que j’ai suivie, me confier à mon frère ou encore compter mes jours « de sobriété » m’ont grandement aidé, je ne peux nier le rôle que Dieu a joué dans cette libération. Seul, je n’aurais pas réussi.  Ma main levée à l’événement « Encounter » n’était pas vaine : Dieu voyait ma situation et il travaillait mon coeur. Il est d’ailleurs toujours à l’oeuvre. Je ne vais pas te mentir : la tentation est toujours présente et ne pas y succomber est un combat de tous les jours. Cela demande de la discipline, de la sagesse mais avant tout, une relation avec mon Libérateur. Grâce à lui, j’ai une force sur laquelle je peux compter, j’ai une personne à qui je peux me confier, j’ai l’assurance de ma liberté et d’une véritable identité. La pornographie n’était pas mon identité mais la Grâce était, est et sera mon identité.

« Là où le péché abonde, la grâce surabonde. »
La Bible, Romains 5:20

Ceci est mon histoire mais elle peut également devenir la tienne.
Sois béni.e,


Si toi aussi tu luttes avec la pornographie, voici deux ressources qui se sont révélées très utiles dans mon cheminement :

Je prie pour toi, sois fortifié.e et encouragé.e. N’oublie pas que Dieu n’exige jamais rien de toi sans te donner la capacité de l’accomplir !