Joseph Gotte
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David Alcibiade
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David Alcibiade : « Mes échecs ont fait de moi une meilleure personne »

David Alcibiade est joueur professionnel, au FC Nantes où il affronte en Ligue 1 l’élite française du football. À 26 ans, son parcours jalonné de succès mais aussi de difficultés, témoigne d’une foi et d’une persévérance rares. Son histoire je le crois, peut tous nous inspirer !


Salut David ! Pour commencer, est-ce que tu pourrais nous raconter ton parcours jusqu’au football professionnel ?

Salut Joseph ! Le foot a très vite pris une place importante dans ma vie : grandissant en région parisienne, j’ai commencé à en jouer dès l’âge de 6 ans, dans une équipe de ma ville : Choisy-le-Roi. C’est quand j’ai eu 10 ans que j’ai été approché par un recruteur du RC Lens, lors d’un tournoi. Alors que ce dernier me proposait d’intégrer son centre de formation, une opportunité assez incroyable s’est présentée peu de temps après : celle d’intégrer le Pôle Espoir de Clairefontaine, le plus réputé de France. Assez rapidement, ma famille et moi-même, nous avons privilégié la seconde option qui m’éloignait bien moins de mes parents et de mes deux soeurs. Après 3 ans de pré-formation, j’ai été repéré par plusieurs clubs et je me suis orienté vers le LOSC, le club de Lille, où j’ai déménagé avec ma famille.

À partir de 15 ans, tout s’est accéléré pour moi. Grâce à la crédibilité que j’avais acquise lors de mon passage à Clairefontaine, j’ai commencé à jouer en équipe de France, dans ma catégorie, et très rapidement la direction du LOSC a voulu me prolonger, voyant en moi un espoir du football.

Elle a fini par me proposer un contrat professionnel longue durée. J’avais des étoiles dans les yeux, je n’arrivais pas à y croire !


À ce moment là, tu sembles promis à une carrière certaine et prometteuse. Est-ce que tout a continué d’aller dans ce sens ?

Non… Suite à la proposition de Lille, mon agent a souhaité retarder la signature afin qu’il puisse négocier quelques termes financiers. Alors qu’on s’apprêtait à prendre notre décision, j’ai joué un match où je me suis malheureusement claqué l’adducteur. On m’a diagnostiqué une pubalgie, une blessure qui m’a valu 6 mois d’arrêt. Comme tu peux l’imaginer, je n’ai jamais signé mon contrat pro à Lille.

À ce moment là, j’ai 16 ans et je vis un des moments les plus difficiles de ma carrière. Fini la pente ascendante !

Ma vie prend un tournant différent de ce qu’elle était supoposée prendre : je passe 4 ans à Lille, mais en jouant à un moindre niveau. À mes 19 ans, j’ai quitté le club pour redonner une dynamique à ma carrière. C’est alors que j’ai intégré le FC Nantes, en amateur. Un an passe, et la deuxième année, le coach de l’équipe « une » fait appel à moi pour pallier aux blessures de nombreux de ses joueurs, lors d’un match de championnat. J’étais agréablement surpris. Sauf qu’à la dixième minute de jeu, « BAM ! », rebelote, je me claque. Grande déception. Au fil des mois, ma situation se dégrade et j’en arrive à ne même plus être sélectionné avec l’équipe réserve. Alors que ma situation devenait insoutenable, j’ai pris un temps avec Dieu en lui disant :

« Seigneur, si ce n’est pas le foot que tu souhaites pour ma vie, ça va être difficile, mais je suis prêt à arrêter. »

La semaine d’après, un des dirigeants me dit : « David, il faut qu’on parle ! » Je me suis dit que ma prière était trop forte : j’allais être viré. Seulement, en discutant avec lui, il me propose de signer un an en tant que professionnel. Ma première réaction était de lui répondre « Mais pourquoi ? », c’était pas logique. J’ai vraiment vu une réponse de Dieu à mes prières à ce moment là. Seulement, las de rester avec l’équipe réserve alors que j’avais le statut de professionnel, j’ai décidé 3 ans après de partir en Espagne, afin de donner, enfin, un nouvel élan à ma carrière. J’y ai intégré une équipe de la troisième division mais je m’y suis rapidement cassé un bras, lors d’un match… C’était l’une des pires douleurs physiques que j’ai connue et j’ai mis quatre mois à m’en remettre. Crois moi, j’étais plein de questionnements et de colère vis-à-vis de Dieu : « Seigneur, je ne comprends pas ! C’est toi qui m’as amené ici. Pourquoi tout ça m’arrive ? ». Je lui ai alors demandé de recevoir une paix qui dépasse toutes circonstances. Et cela est arrivé : j’ai signé ma fin de contrat mais avec une sérénité bien rare dans des moments aussi difficiles. J’ai poursuivi ma route dans une équipe amateur, durant six mois, où j’ai pu apprendre l’humilité et la patience et où j’ai pu aussi regagner en confiance, grâce à mes bonnes performances. Plus tardivement, Nantes est revenu vers moi pour me re-proposer la même situation dans laquelle j’étais parti. Pour moi, c’était clair : « c’est mort ». Pourtant, il y avait quelque chose en moi qui pensait toujours au club de la Beaujoire. Fort d’une conviction intérieure, j’ai pris la décision d’y retourner. C’est drôle car dans les jours qui ont suivi, j’ai été recontacté par des anciennes connaissances qui me proposaient des postes très intéressants en Espagne ou encore en Angleterre, le pays de mes rêves. Je me suis dit : « Dieu, tu veux me punir, ou quoi ? » ; avant d’abdiquer : « de toute façon, c’est fait ! ».

J’y ai intégré l’équipe principale, coachée par Claudio Ranieri, une icône du football. Depuis, j’ai pu jouer plusieurs match avec elle, sur les terrains de la Ligue 1. Je vis vraiment une évolution remarquable dans ma carrière !



Tu évoques régulièrement Dieu. Quel rôle a-t-il joué et joue-t-il encore dans ta vie ?

Même si j’ai été élevé dans  une famille chrétienne, j’ai rapidement fait de la foi de mes parents quelque chose de personnel en me faisant baptisé à l’âge de 14 ans. Pourtant, durant ma jeunesse, je dirais que je donnais à Dieu « 80% de moi », en gardant « 20% » pour mes petits plaisirs, mes envies personnelles. Progressivement, Dieu m’a fait comprendre qu’il souhaitait ma totalité et pas seulement « 80% » de moi. Après avoir fait du « ménage » dans ma vie, et avec toutes les difficultés que j’ai connues sportivement par la suite, on peut dire que ma foi s’est vraiment solidifiée.

Avec le recul, je ne souhaiterais pas que que mon histoire se soit passée différemment – y compris les blessures, les échecs et les déceptions – parce que je ne serais pas le même homme aujourd’hui.

La Bible nous dit bien que « toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu ». Tous ces difficultés m’ont donné un « boost » dans ma vie et dans ma foi. Ça a changé ma vie, ma mentalité et ma manière de voir les choses. Dans ma faiblesse, j’ai vu Dieu agir en moi. Désormais, j’ai une meilleure vision du succès. Quand j’étais plus jeune, le foot prenait beaucoup de place dans ma vie, aujourd’hui il ne doit pas devenir mon essentiel. Mon identité ne repose pas dans mes performances, dans le football, mais en qui je suis en Christ. Demain, si je gagne un match, c’est super, gloire à Dieu ! Mais si je vais perdre un match, eh bien, gloire à Dieu quand même ! Je serai déçu et frustré mais je sais que Jésus me donne beaucoup plus qu’un match gagné ou perdu.

Jésus me donne un succès qui dure dans le temps. Le fait d’avoir l’assurance d’être sauvé et donc, d’avoir la vie éternelle, c’est une victoire qui dépasse tous les trophées du monde !

Pour garder cette perspective dans mon esprit, j’essaye de passer du temps avec Dieu, chaque jour. Un peu à l’image d’une voiture qui aurait besoin de faire le plein pour continuer d’avancer ! Renouvelé par Lui, je sais que je peux avancer, pas à pas !


Le football est un milieu qui semble d’une part hostile à une vie de foi, et d’autre part fortement incarné par des stars qui ne cachent pas leur ferveur chrétienne. Comment perçois-tu les choses de l’intérieur ?

Pour être honnête, je trouve que le monde du football est très sombre. Il est rempli de vices tels que l’amour de l’argent, des femmes ou encore de l’alcool. Et crois-moi, en étant à l’intérieur, on peut vite tomber dedans et j’en ai fait les frais ! Seulement, la grâce de Dieu m’a délivré de toutes ces choses. Aujourd’hui, je sais ce que je veux et je sais aussi ce que je ne souhaite pas, entre autre, conformer ma manière de vivre à celle des autres footballeurs. Si je sais que je suis « dans le monde », je sais que je ne lui appartiens pas. C’est sûr que parfois je peux paraître différent, voire étrange, aux yeux de ceux qui m’entourent. Certains sont hostiles vis-à-vis de ma différence et je reçois de leur part des critiques et des moqueries.

Mais l’essentiel pour moi, c’est de vivre en cohérence avec ce que je crois et qui je suis. Ma manière de vivre et même ma manière de jouer au football doivent refléter mon témoignage. Si je parle mais que mes actions sont complètement contraires à mes paroles, où sera mon témoignage ?

Pour m’aider à suivre l’exemple de Jésus, je peux compter sur le soutien d’amis sportifs avec qui j’échange souvent au sein d’un groupe qui s’appelle « Plus que sportif ». Il est plus simple de parler de ses problèmes, de s’encourager ou même de se réjouir avec des personnes qui peuvent comprendre ce que l’on vit. Chaque semaine, on fait une étude biblique ensemble en utilisant le langage du sport. L’idée, c’est de trouver des « tactiques » face aux « attaques » qu’on peut nous lancer. Ça m’aide beaucoup. Dans la vie, comme dans le sport, il n’y a rien d’égal à la force du collectif.


Pour terminer, quels conseils donnerais-tu à un jeune qui souhaiterait percer dans le milieu sportif ?

Il y a beaucoup de conseils que je pourrais donner mais j’en vois 3 vraiment importants !

Tout d’abord, garde tes objectifs bien, bien, devant tes yeux, et avance en les ayant toujours en tête, particulièrement durant les difficultés.

Il y aura des moments de doute où la tentation de l’abandon est très forte. Il faut vraiment que tu restes « focus » sur tes objectifs ! Le deuxième, tu peux le deviner, c’est de travailler, travailler et encore travailler. Dans l’environnement très « concurrentiel » du sport, ll faut persévérer dans l’effort pour faire cette différence, par le travail ! Enfin, je sais que pour ma part, sans Jésus, je ne serais pas là aujourd’hui. Croyant ou non, je t’encourage à laisser vraiment Dieu prendre le contrôle de toutes choses ! Toutes les fois où j’ai essayé d’être au contrôle de ma vie, eh bien, je me suis cassé la figure. À partir du moment où tu laisses Dieu diriger ta vie, tu es dans une paix inimaginable. Toutes choses concourront pour ton bien !

Construis cette relation avec Dieu, avec Jésus ! En toutes circonstances, fais de Lui ton appui, ton soutien et ta force.


Merci David pour cet encouragement à la persévérance et à la foi ! Bon courage pour la suite, qui s’annonce mouvementée !

Pour plus d’infos sur David Alcibiade, tu peux le suivre sur TwitterFacebook et Instagram mais également visionner une vidéo-témoignage réalisée en 2016 par Plus que sportif :

Sois béni·e !

Photographies : © Arnaud Duret

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